Vieux texte
«La vie c'est comme ça» Arrêtez.. Taisez-vous, je ne vous crois pas. Je ne veux pas entendre cela. J'ai peur. La frayeur me ronge, me tenaille, me bouffe de l'intérieur. Je souffre. Comme si on avait planté un couteau en plein dans le coeur. Désorientée comme si j'avais perdu un de mes sens. Un torrent de larmes coule sur mes joues et tombe sur ma feuille. Je ne vois plus mes écrits. Je ne perçois que le faible contour des choses qui m'entourent. Mes pensées tourbillonnent dans ma tête, de la même façon qu'un ouragan. Je retiens mes sanglots au fond de moi. Tous les regards sont tournés vers moi, mais qu'est-ce que ça peux bien me faire? J'ai envie de crier. Crier ma peur et ma douleur. Crier jusqu'a en perdre la voix, jusqu'a ce que j'ai mal aux tympans, jusqu'a ce que je sois vidée de mon énergie, de la rage qui me consume. Je ferme les yeux, tout nos souvenirs passent en boucle dans ma tête. Je revois tout. Les rires, les pleurs, les soupirs, les attentes, les rêves et tout d'un coup, le film s'arrête. J'entend la bande qui tourne encore, mais l'image reste noir. Je ne comprend pas. Où est le reste? Et comme une claque en pleine face, je réalise. C'est notre futur. Le film que nous nous avions promis a finis si tôt. Comme un sénario qu'on déchire en deux et qu'on jette a la poubelle, même s'il était déja tout écrit. Vide et froid comme un hiver Québécois. Mon coeur se refroidit pour devenir aussi dur que de la pierre. Sera-t-il comme ça, notre futur? Je ne sais pas.. j'espère que non. Nous avons tant a vivre encore, tant a partagé. Au risque de me répété, j'ai peur, si peur, tellement que je ne sais pas l'expliquer. C'est tout simplement invivable et incontrôlable. Je n'en peux plus, je vais imploser. Je sors en claquant la porte, le plus fort que mon corps me le permet. Je cours, mon coeur me fait mal. A bout de souffle, je m'arrête dans les escaliers. Je me laisse tomber dans les marches en ciment. Je pose ma tete sur mes genoux. Quelques secondes plus tard, mes jeans sont déja aussi salés que le Pacifique. J'évacue ma peine du mieux que je le peux. Mes sanglots résonnent dans la cage d'escaliers. Mon corps sursaute, je pose mes mains sur ma tête. J'ai mal, depuis que tu es entré dans ma vie, j'avais presque oublié ce que c'était. De souffrir a vouloir s'arracher le coeur, a vouloir se fondre dans le décor, a vouloir se faire oublier des gens, a vouloir disparaître. J'entends des pas, et, sans que j'aille le temps de tout comprendre, des bras viennent s'enrouler autour de mon corps. Ce geste ne fait que me donner le goût de m'enfuir plus loin. Je ne sais pas a qui ils appartiennent, tout ce que je sais c'est que je n'en veux pas. Ce n'est pas ces bras la que je veux. Seuls les tiens pourraient effacer ma peine. La chasser loin de moi. Je voudrais que tu me serres contre toi, que jamais tu ne me lâches. Je voudrais que tu relèves ma tête et que tu me souries. Je voudrais que tu me regardes dans les yeux et que tu me dises <<Je suis la Méli, je serai toujours la.>> Je voudrais que tu prennes ma main dans la tienne et que tu me dises que tu ne la lachera pas. Je voudrais entendre ta voix me repéter toutes les promesses que tu m'as fait. Je voudrais pouvoir sangloter sur ton épaule pour allez mieux. Et avant tout, je voudrais que tu sois certain de toutes tes paroles. Je sais que tu y crois dur comme fer, et je te crois aussi. Mais personne ne sait, même pas nous deux. Et je m'accroche au barreaux des escaliers aussi fort que je m'accroche a mon espoir. Et je crie, enfin. Un cri perçant sort de ma bouche. Si aigue que j'ai l'impression qu'il ne m'appartient pas. Il ne finit plus. C'est un cri de peine, de rage, mais surtout, de souffrance. Il reflète ma souffrance aussi bien qu'un mirroir. Il est désespérée et apelle au secours. Il laisse maintenant place au silence, au vide. Le coeur a vif, les yeux rougies, les jambes molles et les mains tremblantes, je me relève lentement et maladroitement. Je me tiens debout, pas aussi droite qu'a l'habitude, mais quand même debout. Pour moi, pour toi mais surtout pour nous. Je me rapelle tes paroles, ça me donne la force de continuer. Si ça doit être comme ça, on trouvera un moyen, n'importe lequel, mais on trouvera. Parce qu'on s'aime, et ça c'est une certitude. J'espère quand même de tout mon coeur, de tout mon âme qu'on aura pas a le trouver, ce moyen. Je prie pour que non. Et tout doucement, je marche. Je mets un pied devant l'autre. Je n'abandonnerai pas, jamais. Je continuerai a me battre que pour toi...